Quelle est l’influence des maladies bovines sur la valeur du troupeau ?

Un constat :

Dans certaines exploitations, déterminer la valeur du troupeau laitier est aujourd’hui complexe. En effet, utiliser les index INEL[1] n’y est plus possible. Dans ces élevages, le développement des outils de mesure (compteur à lait, comptage cellulaire…) a remplacé le recours au service du contrôle laitier. De même les avantages, résultant de la pratique de l’insémination par l’éleveur lui-même, conduisent à ne plus faire appel à l’inséminateur du centre de testage.

Or ce sont ces organismes qui fournissent des données techniques servant à l’élaboration des différents index. C’est pourquoi, dans ces élevages où les données techniques ne sont plus accessibles, il faut évaluer autrement.

Que ce soit pour une mission d’assurance ou une valorisation privée ou judiciaires, les éléments pouvant intervenir dans l’élaboration d’un diagnostic ou lors d’une valorisation sont nombreux.

En raison des attentes des consommateurs, les maladies bovines responsables de l’état sanitaire d’un troupeau deviennent un composant incontournable de la valeur de celui-ci. Chargés de la prophylaxie pour le compte de l’État, les GDS[2] et GDMA[3] sont une grande source d’informations pour une parfaite appréhension de la valeur et les renseignements que ces organismes fournissent sont désormais incontournables.

Un point sur ces maladies et quelques précisions :

En production bovine, la notion de prophylaxie est essentielle. Pour cela, un petit rappel semble être de mise :

La prophylaxie est l’ensemble des mesures visant à empêcher l’apparition, la réapparition et la propagation des maladies. Ces mesures comprennent le contrôle à l’introduction, la prophylaxie sanitaire, la prophylaxie médicale (vaccination), la déclaration des avortements et la surveillance des mortalités.

La prophylaxie sanitaire, quant à elle, a pour objet « l’acquisition et le maintien de la qualification officiellement indemne des troupeaux ». Au regard de la DGAL[4], les maladies représentant un danger sanitaire de 1ère catégorie sont la tuberculose et la brucellose. La leucose, elle, est un danger de 2e catégorie. Si ces trois maladies sont les principales recherchées en prophylaxie, les prélèvements réalisés (sang et lait) peuvent cependant servir à la recherche d’autres pathologies (par exemple IBR[5], BVD[6] …).

L’IBR et le varron sont classés en autres dangers sanitaires.

Cependant, bien d’autres maladies sont présentes dans les troupeaux français. S’il en existe plus d’une centaine, une vingtaine d’entre elles doivent alerter et retenir l’attention des éleveurs, car ces maladies ont une influence sur la valeur des animaux.

Les maladies bovines ont trois origines : virales, bactériennes et parasitaires, avec toutes des conséquences plus ou moins marquées sur les résultats techniques et économiques des exploitations. Les repérer est essentiel et les experts fonciers et agricoles qui sont spécialistes du domaine intègrent, dans leur valorisation les documents que l’éleveur va leur fournir. Il s’agit notamment des cartes roses, des attestations sanitaires ou encore les lettres d’informations fournies par les vétérinaires ou les organismes de conseil.

L’expert foncier agricole est totalement indépendant et il maintient à jour sa compétence par la formation. Il dispose également de clés d’observations professionnelles (barèmes, notes techniques …). C’est pourquoi sa récolte d’informations lors de la visite est essentielle pour pouvoir mettre en place la meilleure méthode d’évaluation.

Les conséquences des maladies :

Quelles que soient leurs origines, les maladies entraînent dans les élevages des pertes techniques et économiques parfois très importantes : retard de croissance, perte de poids, chute de la production laitière, diminution des taux, mortalité des adultes ou des veaux …

Tous ces effets directs ou indirects des maladies ne sont évidemment pas sans conséquences sur les résultats économiques des exploitations.

Conclusion :

L’expert foncier agricole spécialiste du domaine n’est pas vétérinaire mais sa connaissance des principales maladies et leurs conséquences, aussi bien techniques qu’économiques, le rend apte à mener à bien des missions d’évaluation pour éclairer au mieux son mandant.

Emmanuel Coté, Expert Foncier Agricole

 


[1] INdex Économique Laitier

[2] Groupement de Défense Sanitaire

[3] Groupement de Défense contre les Maladies des Animaux

[4] Direction Générale de l’Alimentation

[5] Rhinotrachéite infectieuse bovine (de l'anglais Infectious Bovine Rhinotracheitis)

[6] Diarrhée virale bovine (de l'anglais Bovine viral diarrhea)